Energivore, le froid tend à devenir plus vertueux

La revue des énergies renouvelables et des solutions alternatives.

Essentiel à la vie quotidienne, aussi bien dans la sphère professionnelle que privée, la gestion du froid répond à des besoins transversaux : préservation et transport des denrées alimentaires ou des médicaments, respect de la chaîne du froid alimentaire dans la distribution, confort à l’intérieur des bâtiments… Réputé gourmand en énergie, le froid se réinvente sans cesse afin de gagner en performance énergétique et tendre vers une meilleure application de la réglementation F-Gas. Réglementation européenne entrée en phase de révision, F-Gas renforce certains quotas d’utilisation des fluides frigorigènes et tend à en faire disparaître d’ici à 2030. Objectif affiché ? Réduire l’impact écologique de ces fluides, en partie responsables de l’effet de serre. Le salon SIFA, qui regroupe l’ensemble des spécialistes du froid, observe, au-delà de cet impératif, un mouvement de fond en faveur des économies d’énergies dans ce domaine.

Interview de Frédéric Escoffier, directeur du salon SIFA

Quelles sont les enjeux des fabricants industriels du froid ?

Le froid est indispensable à notre vie quotidienne. Qu’il s’agisse de conserver les aliments, de transporter des vaccins à une température négative au degré près, de respecter la chaîne du froid dans l’alimentation, mais aussi dans la chimie ou dans le rafraîchissement des bâtiments. Là, le froid est indispensable pour rafraîchir une maison de retraite ou un établissement de santé, mais aussi un data center par exemple, sans quoi il risquerait d’exploser ! Ainsi, le froid est transversal à de nombreuses industries et répond à des besoins grandissants dans la société.

Quels sont les défis de la profession ?

Les industriels sont confrontés à un contexte réglementaire qui évolue sans cesse, devenant de plus en plus strict et contraignant, lesconduisant à investir encore davantage dans la recherche et le développement afin de développer des solutions toujours mieux-disantes en matière d’économie d’énergie et de neutralité carbone. Ainsi, la profession tend à rendre le froid de plus en plus neutre, notamment pour répondre à la réglementation européenne F-Gas. Les fabricants de centrales et compresseurs travaillent à développer des équipements moins gourmands en énergie. Le fluide frigorigène constitue le premier élément des installations frigorifiques. Il n’existe pas de fluide universel. Aussi, il faut composer avec des fluides autorisés en fonction de leur potentiel de réchauffement planétaire (PRP ou GWP en anglais) et de la puissance de l’installation. Chacun de ces fluides possède son pendant d’inconvénients : le CO2 mis sous pression entraîne un risque d’explosion, l’ammoniac est toxique et les hydrocarbures ont une inflammabilité très élevée. Quant aux « nouveaux » fluides synthétiques, ils ont aussi leurs inconvénients… Mais tout le monde travaille trouver des solutions. 

Comment le salon SIFA accompagne les professionnels sur ces questions ?

Nous accueillons les fabricants qui exposent leurs produits, les installateurs qui sont également les prescripteurs et les grands utilisateurs finaux, comme Auchan, Tipiak, Picard, Argel, des réseaux d’EHPAD ou des spécialistes des datas centers. Par le biais des conférences, nous déchiffrons l’actualité et apportons à la connaissance de chacun de ces publics les évolutions de la réglementation dans le domaine. Les utilisateurs finaux doivent alors faire appel aux installateurs dûment agrémentés pour pouvoir intervenir sur les systèmes de réfrigération et manipuler les fluides frigorigènes autorisés. Le Salon permet de mettre en lien les différents acteurs de la filière et de mieux appréhender ces évolutions qu’elles soient techniques, réglementaires ou environnementales.

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