Développer les réseaux de chaleur Bois Energie est une priorité de la transition énergétique.

Bois Energie : des opportunités sur les territoires

2.400 mètres de réseau de chaleur à Arbas

Dans la commune d’Arbas, petit village de 268 habitants situé à 1 h de Toulouse, en Occitanie, la municipalité a décidé de faire installer une chaufferie bois pour alimenter l’ensemble des bâtiments publics, alors très énergivores. « Nous cherchions une méthode qui nous permette de réaliser des économies, dans une démarche écologique », explique Sylvie Simpson, maire d’Arbas. « Le cœur du village, traversant, se prête à la réalisation d’une telle opération et à la configuration du projet. » 2.400 mètres de réseau courent ainsi le long des rues du village, et enjambent le ruisseau pour alimenter tous les bâtiments publics et une partie des habitantsen chaleur. Depuis décembre 2018, la chaufferie bois alimente ainsi quatre bâtiments municipaux (mairie où se trouve la salle des fêtes et l’école, la maison des associations, la bibliothèque, le multiservices), 12 appartements locatifs appartenant à la commune et 23 foyers privés. « Nous avons encore 30 % de marge donc la possibilité de raccorder davantage de bâtiments ou de foyers, le cas échéant », indique  Sylvie Simpson. Ayant pris l’option 100 % bois, Arbas se dote ainsi de trois chaudières de 250 kw/h chacune, tournant en cascade, permettant de réduire les impacts d’une éventuelle panne. Les plaquettes de bois sont fournies localement par un forestier du village voisin. « Nous avons également notre propre forêt et réfléchissons en partenariat avec l’ONF à une véritable gestion de cette ressource localeafin de pouvoir alimenter en plaquettes notre chaufferie », complète l’édile. Après une saison de chauffe complète, le système devrait pouvoir économiser l’émission de 93 tonnes de CO2 par an. Pour les habitants connectés au réseau, ce mode de chauffage apporte un réel confort en terme de chaleursans compter que la chaufferie  tourne toute l’année pour produire de l’eau chaude sanitaires à tous les raccordés au réseau. Le projet a nécessité 1,030 million d’euros d’investissement, subventionné à 80 % par la Région et l’Etat, et a bénéficié d’une dotation exceptionnelle de l’Intercommunalité Cagire Garonne Salat.

« L’intérêt du réseau de chaleur Bois Energie est de se développer à proximité des gisements d’approvisionnement en bois plaquettes ou granulés »,

Gisement renouvelable et présent massivement dans certains territoires en France, le bois est une ressource de proximité indispensable dans le développement des réseaux de chaleur Bois Energie. Le Cerema, centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, chapeauté par les Ministères de la transition écologique et solidaire ainsi que de la cohésion des territoires, a pour mission de sensibiliser les collectivités territoriales au développement de réseau de chaleur économes en énergie.

« Le développement actuel des réseaux de chaleur n’est pas suffisant pour atteindre les objectifs fixés par l’Etat pour 2030. Il faut massifier son déploiement », indique Cindy Melfort, chargée d’étude climat et territoire au Cerema. En s’appuyant sur le soutien financier de l’Ademe, des projets doivent ainsi émergerau coeur des territoires. Certaines collectivités, en fonction de leurs implantations, ont de réelles opportunités à créer un réseau de chaleur Bois. « L’intérêt écologique et économique est d’être situé à moins de 100 km d’un gisement de bois forestier ou bocager. Mais le Bois Energie n’est pas non plus la seule énergie à disposition », précise Mathias Berry, chargé d’études réseau de chaleur au Cerema. Le centre d’études préfère ainsi valoriser le mix énergétique, en couplant avec la géothermie, le solaire ou même la chaleur des unités de valorisation énergétique ou des unités d’incinération d’ordures ménagères. « L’impact est différent dans chaque territoire. Il faut commencer par réfléchir aux bâtiments que l’on souhaite raccorder au système et à leurs usages », assure Cindy Melfort. Les bâtiments résidentiels sont ainsi complémentaires des bâtiments tertiaires en terme de besoins. « Il est important que la collectivité garantisse une consommation minimum sur le réseau avec un grand consommateur de chaleur, comme un hôpital, une piscine, une école ou un gymnase », poursuit Mathias Berry. Tous ces paramètres sont à prendre en compte afin de concevoir le modèle économique rentable du réseau de chaleur Bois Energie.