À Valence Romans, le décret BACS devient un outil de pilotage du patrimoine

Comment passer de l’obligation réglementaire à une véritable stratégie de rénovation énergétique ? C’est le défi auquel s’attaque Valence Romans Agglomération. Avec 99 sites concernés, la collectivité s’appuie sur ses propres équipes et sur l’expertise d’AER pour dresser un état des lieux de ses installations de GTB et construire, d’ici 2030, une trajectoire de mise en conformité et d’amélioration de la performance énergétique.
Pour Valence Romans Agglomération, le décret BACS ne se résume pas à une nouvelle échéance réglementaire. Il représente aussi une occasion de reprendre la main sur un patrimoine immobilier important et hétérogène.
L’objectif de la collectivité au travers du décret BACS est de réaliser, dans un premier temps un inventaire de ses systèmes de gestion centralisée et, dans un second temps, de réaliser les améliorations permettant de répondre au décret BACS en priorisant les installations énergivores et permettant un gain énergétique et environnemental concret (notion de temps de retour inférieur à 10 ans du décret BACS).
Pour avancer, l’Agglomération a fait le choix de s’appuyer sur ses compétences internes. Depuis janvier 2026, deux techniciens spécialisés dans les installations de chauffage, ventilation, climatisation de la direction commune des bâtiments et des ateliers généraux réalisent directement les inspections de conformité et les audits de performance des systèmes d’automatisation et de régulation.
Cette organisation est notamment rendue possible grâce à ConformBACS, une application mise à disposition par AER, avec laquelle l’Agglomération dispose déjà d’un contrat-cadre pour la maintenance de ses installations de GTB. Sur le terrain, l’outil guide les techniciens dans leurs inspections : collecte des données, contrôle des équipements, identification des écarts, inventaire des installations et génération d’un rapport structuré.
L’enjeu est surtout de transformer une multitude de constats en une vision d’ensemble.
Sur les 99 sites concernés, la démarche doit progressivement permettre de comparer l’état des systèmes de GTB, leur niveau de conformité et leur classe de performance. Ces informations constituent ensuite une base pour décider où investir en priorité.
Car l’audit n’est qu’une première étape. Une fois les écarts identifiés, AER accompagne les équipes de l’Agglomération dans le choix des solutions techniques et, lorsque cela est nécessaire, dans le chiffrage des travaux. Le diagnostic peut ainsi directement déboucher sur une programmation opérationnelle. L’objectif est de proposer, au finale, un schéma directeur pluriannuel déclinant une réponse à la réglementation BACS aux dirigeants afin de valider un plan d’action
La première concrétisation est attendue dès cet automne à l’école Louis Pergaud, à Valence. La rénovation de la GTB, prévue en octobre 2026 pour une livraison en novembre, intégrera notamment du sous-comptage par usage et par zone, une supervision Schneider enrichie d’un suivi énergétique, un optimiseur de relances ainsi qu’une mise à jour de l’analyse fonctionnelle et des listes de points. Les utilisateurs seront également formés et un retour d’expérience sur les économies d’énergie sera réalisé pendant un an après la mise en service.
Derrière ce premier chantier se dessine donc une stratégie plus large. Jusqu’en 2030, Valence Romans Agglomération entend croiser les obligations réglementaires avec les gains énergétiques attendus et par extension réduire les GES , le temps de retour sur investissement et les enjeux d’exploitation-maintenance pour orienter ses budgets vers les opérations les plus pertinentes.
Après cette première phase d’audits et de diagnostic sur les 99 sites, quels seront selon vous les principaux critères qui permettront de déterminer les bâtiments à rénover en priorité ?
Selon notre service, les principaux critères qui permettront de déterminer les bâtiments dans lesquels des travaux de mise en place ou d’amélioration de la GTB en lien avec le décret BACS sont la réduction des consommations d’énergie envisageable, et donc des émissions de gaz à effet de serre, et la faisabilité technico-économique de la solution à mettre en place.
Le tableau patrimoniale, synthèse des audits réalisés sur les GTB, nous permettra de choisir un panel de site où la réduction des consommations et des émissions de GES est forte. Des études de faisabilité plus poussées seront réalisées sur ces sites afin de vérifier la pertinence technico-économique des projets = temps de retour et faisabilité de la mise à niveau de la GTB.















