ABB – Quand la régulation accompagnée par l’IA réinvente la performance énergétique des bâtiments.

Portée par les décrets Tertiaire et BACS, la performance énergétique des bâtiments est en pleine mutation. Cyril Malinvaud, responsable marketing produits Smart Building chez ABB Electrification France, décrypte comment la régulation, accompagnée par l’intelligence artificielle, renforce la performance de la GTB.
Cyril MALINVAUD
Marketing manager
& Project Manager building automation and energy efficiency – ABB
Quelle est la plus-value de la régulation pour la performance énergétique des bâtiments ?
Avant tout, rappelons que les atouts de la régulation restent encore trop peu méconnus : bien qu’offrant souvent un retour sur investissement rapide et potentiellement supérieur à celui de l’isolation, elle reste encore insuffisamment exploitée pour améliorer la performance énergétique des bâtiments. C’est en ce sens qu’ABB a développé un écosystème KNX avec sa solution d’automatisation ClimaECO, qui permet de réguler finement chaque zone, tout en assurant une communication fluide entre les équipements électriques et les systèmes CVC, ce dernier restant un des postes majeurs de consommation.
Cette solution collecte les données de chaque zone pour ajuster au plus juste la production de chaleur ou de froid générant ainsi à la fois un meilleur confort et d’importantes économies
Comment l’intelligence artificielle vient-elle renforcer la performance énergétique ?
Sur la version en ligne de notre plateforme de supervision ABB Ability™ BuildingPro, nous avons intégré un agent conversationnel IA. Il exploite les informations issues de chaque composant de la GTB et de chaque contrôleur local, comme une base de données, sans avoir à télécharger l’ensemble des données. L’analyse est ainsi plus rapide et plus efficace. Il facilite l’accès aux données techniques et fournit des KPI détaillés et personnalisés en temps réel. En pratique, l’IA permet de détecter immédiatement des dérives énergétiques souvent invisibles, notamment pour des exploitants qui n’ont pas toujours le temps de surveiller leurs systèmes. Il devient ainsi possible de corriger rapidement les anomalies.
Avec l’essor du photovoltaïque et de l’autoconsommation, comment la GTB gère-t‑elle la flexibilité énergétique ?
Même si le bâtiment devient producteur d’énergie, la priorité reste le maintien de la continuité de l’activité sur le site. Pour répondre à cette exigence, chez ABB, nous intégrons nos systèmes de gestion d’énergie Energy Management System (EMS), ABB Smart EMS et ABB SCU200. Ils centralisent les données des unités de production photovoltaïque, les bornes de recharge et les autres usages du bâtiment, et pilotent le délestage et les priorités de l’installation. C’est une brique cruciale pour anticiper l’arrivée des contrats FLEX, indexés sur la Bourse de l’énergie : le coût peut être faible, voire négatif, lorsque la production solaire est forte, et il peut grimper aux heures de tension. L’EMS permet d’anticiper ces variations en décalant par exemple la recharge d’un véhicule pour éviter les surcoûts. Tous ces systèmes communiquent via des API et des protocoles terrain ouverts. Ils permettent ainsi d’optimiser la consommation dans les bâtiments résidentiels et petits tertiaires et répondre aux enjeux de flexibilité énergétique.
Quels sont les enjeux de cybersécurité pour la supervision et l’IoT ?
Ces enjeux constituent la pierre angulaire de notre développement. Des solutions de régulation peuvent ainsi fonctionner en environnement « clusterisé » afin de limiter l’exposition aux cyberattaques, tout en permettant, si le client le souhaite, une connexion au cloud avec un niveau de sécurité conforme aux exigences de l’ANSSI et de la directive NIS2. Au niveau du terrain, le standard KNX Secure renforce la cybersécurité et répond aux exigences du Cyber Resilience Act et à la directive NIS2. Ce protocole assure notamment l’authentification des équipements directement sur le bus de communication et sécurise les messages par codification.
Comment concevez-vous l’évolutivité d’une installation GTB dans le temps ?
Aujourd’hui, le bâtiment évolue par petites briques, de manière itérative, ce qui nécessite des systèmes basés sur des protocoles universels et capables d’évoluer dans le temps. Cette évolutivité doit également se traduire par une réelle souplesse d’exploitation. Nous avons ainsi ajusté notre modèle de licences pour les points de collecte afin qu’il s’adapte au plus près des besoins : plutôt que d’imposer un package de 2000 points supplémentaires pour un besoin de 100 points, le client n’achète que ce dont il a réellement besoin.
De même, un propriétaire peut désactiver certaines options si un bâtiment reste vacant : les données ne sont pas perdues et le système continue de fonctionner en local. L’objectif est d’offrir une solution flexible pour s’adapter aux évolutions du bâtiment dans la durée.















