Décret tertiaire : les professionnels de l’immobilier en ordre de marche pour diminuer leurs consommations énergétiques 


La revue des énergies renouvelables et des solutions alternatives.

Décret tertiaire : les professionnels de l’immobilier en ordre de marche pour diminuer leurs consommations énergétiques 


Réduire et optimiser sa consommation énergétique dans l’immobilier tertiaire


Publié à l’été 2019, le Décret Tertiaire vise à favoriser la performance énergétique des bâtiments à vocation tertiaire. Bureaux, entrepôts logistiques, administrations, hôtelleries, lieux de santé 
et d’enseignement devront réduire de 40 % leurs consommations énergétiques d’ici à 2030, 50 % à 2040 et 60 % à 2050, par rapport 
à l’année de référence, à fixer entre 2010 et 2020. Des objectifs atteignables par palier grâce au concours d’experts de terrain, prescripteurs de moyens et de comportements à initier afin d’optimiser et réduire sa consommation rapidement.

Interview


Ludovic Chambe, Directeur Développement Durable 
et RSE chez CBRE 

      Anne-Claire Barberi, Responsable RSE 
et Innovation du Groupe Perial. 


Que va impliquer ce Décret Tertiaire pour les gestionnaires de parcs immobiliers ?



Ludovic Chambe : Avec ce texte, les acteurs immobiliers vont être contraints de s’engager sur la voie de la transition énergétique. Les obligations de résultats seront réelles et quantifiables. Cinq ans après la COP 21, il est temps de passer à des actions concrètes. Dans le monde de l’immobilier, on voit bien que les propriétaires-locataires ont besoin d’être accompagnés afin de répartir leurs responsabilités en matière d’efficacité énergétique. C’est l’occasion de structurer la démarche pour les années à venir sans plus attendre. La priorité, actuellement, est de collecter les données concernant les consommations énergétiques des actifs immobiliers, les analyser et proposer les bonnes actions. Chez CBRE, notre vision à 360° des métiers de l’immobilier nous permet d’élaborer des schémas directeurs énergétiques sur mesures pour nos clients.




En quoi consiste ce schéma directeur énergétique ?

Ludovic Chambe : Les audits techniques et les diagnostics que nous réalisons nous permettent d’identifier les actions à mener et d’engager les portefeuilles immobiliers sur la voie de la transition énergétique en chiffrant les investissements nécessaires. Nous travaillons actuellement avec le Groupe Perial, pour qui nous réalisons cette mission d’audit pour plus d’une cinquantaine d’actifs en France.


Anne-Claire Barberi : La tâche la plus difficile est véritablement de collecter la donnée, de la vérifier afin de la fiabiliser. C’est un vrai travail de fourmi qui requiert une automatisation mais surtout une sensibilisation des parties prenantes afin de faire remonter une information vérifiée. Il arrive également que les locataires soient réticents à transmettre l’information. Or, toutes les parties prenantes d’un actif tertiaire doivent apporter leur contribution. Cette démarche est évidente pour PERIAL Asset Management car depuis 2009, la SCPI PFO2 intègre des objectifs de réduction de 40% des consommations d’énergie des actifs sous une durée de 8 ans après leur acquisition par le fonds.



Après ce travail de collecte, comment mettre en place les premières actions ?



Ludovic Chambe : L’état des lieux du patrimoine immobilier nous permet de cartographier la performance énergétique des bâtiments. De là en découlent des préconisations telles que l’amélioration du pilotage des équipements ou la réalisation de travaux d’efficacité énergétique. L’usage et les bonnes pratiques lors de l’exploitation des immeubles sont des leviers à ne pas sous-estimer pour faire baisser la consommation. Il y a un travail important de pédagogie et de sensibilisation à mener auprès des parties prenantes qui pensent souvent, à tort, que l’ambition du décret est irréaliste. Beaucoup de choses peuvent d’ores et déjà être mises en place. Par exemple, il convient de s’assurer que les équipements ne fonctionnent pas en dehors des heures d’occupation des locaux. De nombreuses solutions sans investissements majeurs peuvent être initiés notamment lors de l’aménagement intérieur des locaux.


Anne-Claire Barberi : Le premier enjeu consiste à connaître parfaitement chaque actif de son parc immobilier. Cela permet d’identifier les gisements d’optimisation actionnables rapidement. Il faut également piloter sur le long terme la performance énergétique de chaque actif, en prenant en compte les évolutions de schémas d’occupation en fonction des évolutions des locataires… C’est un pilotage continu.

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