Ecocentry : Une gestion intelligente des réseaux d’eau pour repérer et stopper les fuites en temps réel

Entre un bloc sanitaire qui goutte et une rupture de canalisation, les fuites peuvent prendre de nombreuses formes. Toutes ont cependant un impact sur les factures d’eau, sans parler des dégâts occasionnés ou du gaspillage d’une ressource naturelle précieuse. Des problèmes qu’il est pourtant possible d’éviter en installant un disjoncteur d’eau sur son réseau de distribution.
Entretien avec
Christian Mavridoglou,
gérant d’Ecosentry
Dans un bâtiment, la détection peut se faire dès le premier litre de fuite par heure.
Quels sont les enjeux des fuites d’eau au-delà du compteur ?
Ces écoulements, qui peuvent rester longtemps inconnus des utilisateurs, entraînent des surconsommations importantes, ainsi que d’éventuels dégâts matériels et des pertes d’exploitations. Selon les assureurs, ces derniers constituent aujourd’hui un des plus gros postes de remboursement, devant les accidents de la route. Et les dépenses peuvent vite grimper : je pense à ce bâtiment de la région lyonnaise où une rupture du réseau de protection incendie en sous-sol a engendré une facture de 200 000 €. Sans aller jusque-là, un simple écoulement sur un bloc sanitaire peut générer un surcoût conséquent sur une année. Plus globalement, le problème touche tous les sites : nos disjoncteurs d’eau ont été installés sur des milliers de bâtiments, et sur la plupart d’entre eux, une fuite a rapidement été détectée.
Comment ces disjoncteurs assurent-ils une surveillance des réseaux d’eau ?
Notre système – articulé autour d’une innovation 3 fois médaillée d’or au concours Lépine international et Concours Innova international de Genève – est généralement installé au niveau de l’arrivée d’eau. Il comprend un compteur, un émetteur d’impulsions, une vanne de coupure et un raccordement vers un coffret de détection. Une fois en place, le système « observe et apprend », via son algorithme, les habitudes de consommation des occupants du bâtiment. En cas de débit anormal – la détection peut se faire dès le premier litre de fuite par heure –, la distribution d’eau est coupée automatiquement. Outre les désagréments liés à une surfacturation et à des dégâts potentiels, cela contribue à préserver les ressources en eau, de plus en plus précieuses. À ce titre, nos disjoncteurs répondent aux exigences des labels HQE et BREEAM.
Quels types de bâtiments peuvent être surveillés ?
Tous les sites peuvent être équipés de disjoncteurs d’eau : maisons individuelles, bâtiments collectifs, tertiaires, industriels ou encore des réseaux d’arrosage automatique. Un de nos modèles permet même d’assurer la surveillance de cinq réseaux de manière indépendante. Au-delà des économies d’échelle, cela permet d’intervenir sur un réseau fuyant sans avoir à couper les autres. Ce dispositif nous permet, par exemple, d’assurer la surveillance de tours en région parisienne, atteignant jusqu’à 50 000 m². Dans de tels bâtiments, on mesure particulièrement l’importance des fuites sur les blocs sanitaires. Pour ces points sensibles, il est d’ailleurs possible d’installer un boîtier commandant l’ouverture et la fermeture de la vanne, en fonction de la détection de présence.
Vos outils peuvent-ils s’intégrer dans une stratégie de gestion globale des installations ?
Oui, et c’est même demandé dans 90 % des projets auxquels nous participons lorsqu’une supervision de bâtiment est en place. Via le protocole Modbus ou une liaison Ethernet, il est possible de récupérer les valeurs et les états du système, mais aussi de le commander à distance. En l’absence de supervision, des alertes peuvent être générées par mail ou SMS. Cela étant, le suivi est une chose, savoir corriger les dysfonctionnements en est une autre. J’ai récemment échangé avec une personne en charge de l’exploitation d’aires d’autoroute, sans présence humaine sur site. Grâce à une supervision à distance, elle peut surveiller les consommations d’eau des sanitaires et ainsi repérer occasionnellement des fuites. Mais sans une action corrective rapide, l’intérêt d’un tel suivi reste limité.










