Méthanisation : un marché boosté par l’injection de biométhane

La revue des énergies renouvelables et des solutions alternatives.

Méthanisation : un marché boosté par l’injection de biométhane

Nos 28 sites en injection produiront 8 200 Nm3/h, à terme, soit un équivalent de 730 000 MWh.

Dans la foulée de la promulgation des tarifs d’achat du biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel en 2011, la filière méthanisation a marqué un virage important, sur le plan de la valorisation du biogaz.
Le point avec Erwann Porrot, Ingénieur Méthanisation chez EnviTec Biogas.

Quel regard portez-vous sur l’injection de biométhane, à l’heure actuelle ?

Grâce à l’expérience de notre maisonmère allemande, la filiale française, créée en 2007, a démarré fort avec des projets en cogénération avant de s’orienter vers l’injection. Cette nouvelle filière a clairement boosté la méthanisation en France et à ce jour nous avons un certain nombre de nouveaux sites en cours de construction, tous axés sur l’injection.
Notre technologie couvre toute la chaîne du process, depuis la réception des déchets jusqu’à la valorisation du biogaz.
A horizon fin 2022, les 28 sites que nous aurons réalisé en injection produiront 8 200 Nm3/h, soit 730 000 MWh. Cela correspond à 60 830 foyers chauffés pendant 1 an ou à la consommation annuelle de 3 244 bus.

Comment s’explique cet essor ?

La filière injection a su trouver un consensus entre les opérateurs de réseaux, l’Etat, les constructeurs et le monde agricole.

En outre, l’injection s’inscrit dans une logique énergétique, puisqu’il s’agit de produire du gaz naturel à partir de biogaz. Les gestionnaires de réseaux de gaz sont aussi particulièrement moteurs, en investissant dans le développement de leurs infrastructures.

Vous évoquiez la production de gaz naturel à partir de Biogaz. Quelles sont les technologies utilisées pour purifier le biogaz, avant de pouvoir injecter du biométhane ?

Pour la filtration des différents gaz, nous faisons appel à la technologie membranaire. En comparaison avec d’autres procédés – lavage aux amines, adsorption à pression alternée, lavage à eau sous pression –, cette technologie a l’avantage de ne pas nécessiter d’eau, de produits chimiques ou d’autres ressources. De plus, nous récupérons et réutilisons la chaleur générée lors du processus de compression. En outre, les membranes permettent de déployer des solutions compactes et présentent des coûts de maintenance très compétitifs. A la fois simple et robuste, c’est la solution idéale.

Comment voyez-vous demain ?

Avec la révision des tarifs injection biométhane, à la baisse, fin 2020, la filière va devoir s’adapter. On voit également de nouvelles voies de valorisation du biogaz arriver, comme le Bio GNV.

« La filtration membranaire : une solution compacte, simple et qui fait référence »

Paroles d’exploitant

Louis Lhotte exploite deux unités biogaz dans l’Oise, respectivement ouvertes en 2017 et 2018.
« Nous injectons un volume total de 800 Nm3 /h d’un biométhane dont la qualité doit être assurée dans la durée, explique‑t‑il. Pour cela, nous nous sommes tournés vers la purification membranaire qui offre de bonnes performances. De plus, les membranes se nettoient d’elles-mêmes. Il y a donc peu, voire pas de maintenance.
Et si l’investissement n’est pas négligeable, les coûts d’exploitation sont ensuite très faibles, pour peu qu’on choisisse une technologie performante. »

https://www.envitec-biogas.fr/

 

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