Digestats : quelles solutions pour optimiser les coûts de stockage ?

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Digestats : quelles solutions pour optimiser les coûts de stockage ?

Pour 1.500m3, l’investissement est de 540.000e avec le béton et 80.000e pour le réservoir souple.

Thierry Moreau,
Adjoint de direction,
Citerneo

 

La méthanisation génère d’importants volumes de digestats à stocker.
Comment les prendre en charge ?

Il y a deux grandes écoles : les réservoirs en béton ou les réservoirs souples, enterrés ou non. La principale différence entre ces solutions tient dans leur coût d’installation. Par exemple, pour un volume de 1 500 m3, le coût d’installation sera de 540 000 € avec le béton et de 80 000 € avec le réservoir souple, dont 40 000 € pour le terrassement du terrain qui accueillera la citerne autoportée. Quand il sera nécessaire de remplacer cette dernière, cela coûtera donc de l’ordre de 40 000 €. Le rapport entre béton et réservoir souple est donc quasiment de 1 à 7. Il est intéressant de pouvoir optimiser ainsi les coûts de stockage des digestats, quand on connaît les investissements lourds induits, par ailleurs, pour le digesteur, la cogénération ou l’injection de biométhane. Au-delà de son intérêt économique, le réservoir souple – qui permet aussi de faire le choix d’un produit industriel fabriqué en France – est éprouvé sur un plan technique, depuis plus de 20 ans. En outre, il offre une réelle flexibilité en matière logistique.

« Dans le Lot, 10 000 m3 de digestats en stockage déporté sur les terres d’épandage. »

Comment cela ?


L’épandage des digestats est très réglementé, avec des fenêtres de tir limitées dans l’année. Pour certaines usines biogaz, cela se traduit par des volumes de stockage très importants. Des volumes qu’il faudra, qui plus est,  transporter dans un laps de temps très court vers des terres d’épandage parfois éloignées. Une alternative est possible avec la mise en œuvre de stockages déportés sur les terres d’épandage.

Ce dispositif permettra de transporter les digestats indépendamment du  calendrier où l’épandage est autorisé. C’est le choix retenu par un groupement d’agriculteurs du Lot, dont le site génèrera plus de 10 000 m3 de digestats. Pour prendre en charge un tel volume, ils ont lancé un appel d’offres, en vue de déployer une trentaine de citernes déportées. Dans un département où les transports routiers sont un facteur pénalisant, ce réseau sera une vraie plus-value.

Comment se passe l’exploitation d’un réservoir souple, au long cours ?


Pour assurer la longévité de sa citerne, il y a trois règles d’or à observer. Tout d’abord, il faut une plateforme de qualité. Ensuite, il convient de ne pas dépasser 6 % de siccité dans les liquides stockés. Enfin, le réservoir doit être vidangé une fois par an, afin d’éviter les dépôts de sédiments. Dans ces conditions, une citerne souple atteint une durée de vie de 20 à 25 ans.

 

Pour plus d’info
Citerneo

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