Une simulation de production quasi-instantanée pour créer le digital twin de la centrale

Emilie Cheere, Responsable de la communication chez meteocontrol France

« Anticiper les pannes et aller vers une digitalisation accrue du circuit d’intervention »

Les solutions de monitoring des unités photovoltaïques (PV) sont éprouvées, depuis une vingtaine d’années. Quelles sont les dernières évolutions dans ce domaine ?

Il y a un enjeu fort autour d’une simulation de production qui soit toujours plus précise. Nous réalisons maintenant une simulation complète de l’installation en temps réel et calculons ainsi les performances attendues avec beaucoup plus de précision – tout en réduisant l’effort de configuration. Celle-ci permet d’optimiser le rendement de la centrale, en identifiant l’apparition de dysfonctionnements, grâce à l’observation d’un éventuel delta entre production réelle et théorique. Une simulation la plus fine possible permet aussi d’optimiser l’intégration de l’installation au réseau électrique, en fonction des besoins de puissance du gestionnaire. Il y a des avancées dans ce domaine, grâce à l’intelligence artificielle. Depuis novembre dernier, nous proposons ainsi une simulation qui permet de créer le digital twin d’une centrale. Ce qui a changé, c’est l’introduction d’une mise à jour de la simulation, à chaque entrée de données. On est donc au plus près de la production réelle. La simulation offre ainsi une vue quasi-instantanée sur une éventuelle perte de production. Et quand cela arrive, l’intelligence joue aussi un rôle dans la gestion des alarmes.

Comment cela ?

L’idée est de prendre en compte l’historique comportemental de la centrale PV. Une simulation physique basée sur les données de base ne peut pas prendre pleinement en compte les particularités d’une installation, nous améliorons donc également la valeur cible au moyen de l’intelligence artificielle afin de pouvoir encore mieux tenir compte du comportement réel de l’installation., il est possible de détecter des dysfonctionnements techniques. Cette optimisation grâce à l’intelligence artificielle permet au système de monitoring d’apprendre. le système de monitoring apprend aussi à reconnaître les messages d’erreur non-pertinents, comme, par exemple, une baisse de production récurrente, causée par un ombrage. Dans ce cas, l’information ne sera pas remontée. Grâce à ces « alarmes intelligentes », les interventions sur site ne se font que si nécessaire.

D’ailleurs, y a-t-il des évolutions concernant la gestion, via le système de monitoring, des opérations de maintenance ?

Oui, il s’agit en particulier d’aller vers une digitalisation croissante du circuit d’intervention et de la gestion des rapports d’intervention. Le monitoring devient une solution GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur). Suite à l’alarme ou à l’indentification anticipée d’un dysfonctionnement à venir, le superviseur de la centrale peut déclencher une intervention sur site, en créant numériquement son propre formulaire, à destination de l’équipe de maintenance. Celle-ci remplit ceformulaire, une fois l’intervention réalisée, et le retourne au superviseur. En renforçant ainsi les liens entre terrain et numérique, l’information circule plus rapidement et plus efficacement, ce qui est l’essence même du monitoring.

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