Vega – Gestion de l’eau : les capteurs radar font monter le niveau de précision

Longtemps réservée à l’industrie, la technologie radar s’impose aujourd’hui dans la gestion de l’eau. Plus fiable que les capteurs à ultrasons, elle permet aux collectivités et aux exploitants de sécuriser la mesure des niveaux et des débits. Entretien avec Guy Deiber, Responsable Marketing Produits chez VEGA.
Guy Deiber,
Responsable Marketing Produits chez VEGA,
Il est possible d’instrumenter l’ensemble des réseaux d’eau et d’assainissement.
En quoi la technologie radar renforce-t-elle la fiabilité des mesures prises par les capteurs de niveau ou de débit déployés par une collectivité dans le cadre de sa politique de l’eau ?
Grâce à une conception pensée pour la gestion de l’eau – un milieu moins agressif que certains process industriels –, les capteurs radar sont désormais comparables aux capteurs traditionnels à ultrasons en termes de prix. Se démocratisant depuis trois-quatre ans, cette technologie se distingue par son insensibilité aux paramètres pouvant perturber les mesures par ultrasons : vents, variations de température ou de pression, brouillard, présence de feuilles mortes, etc. Prenons l’exemple de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Dans le cadre d’une politique de l’eau centrée sur la protection des cours d’eau et des zones humides, ainsi que sur la désimperméabilisation des sols, la collectivité a déployé des capteurs radar visant plusieurs objectifs : surveiller le niveau de l’Yon afin d’anticiper les risques de crues, grâce à la définition de seuils de vigilance et d’alerte ; suivre les débits des lâchers d’eau d’un barrage situé en amont ; mesurer l’effet des actions de désimperméabilisation engagées ; détecter l’entrée d’eaux parasites dans les milieux en cas de fortes pluies et déterminer ainsi les zones où il est nécessaire de tamponner les précipitations.
Comment se déroule la mise en œuvre des capteurs, pouvant parfois être implantés en sites isolés ?
Toujours en prenant l’exemple de La Roche-sur-Yon, nous étions confrontés à deux cas de figure : des capteurs pouvant être installés en filaire et d’autres fonctionnant en totale autonomie. Dans ce second cas, des panneaux solaires ont été installés pour alimenter les appareils et assurer la transmission des mesures vers le système de supervision, via un réseau cellulaire. Il est également possible de mettre en place des capteurs alimentés par batterie, comme ceux déployés pour le compte du syndicat mixte des Marais des Olonnes, afin de permettre la régulation automatique – grâce à des écluses – des niveaux d’eau, en hiver et en été. Les données mesurées sont transmises via un réseau LoRa, peu énergivore. L’autonomie du capteur peut ainsi approcher les dix ans.
Outre la gestion des milieux naturels, les capteurs radar peuvent-ils permettre de fiabiliser des installations d’eau potable et d’assainissement ?
En devenant financièrement accessibles, ces appareils peuvent aujourd’hui instrumenter l’ensemble de ces équipements pour assurer la surveillance en temps réel de nombreux process : pilotage des automatismes, gestion des pompes, systèmes anti-débordement, mesures et historisation des débits en sortie de station de traitement, etc. Surtout, le capteur radar accompagne l’exploitant sans nécessiter de maintenance lourde ni de paramétrage complexe. Le réglage, volontairement simplifié, s’effectue par Bluetooth via une application intuitive.
Cette connectivité, mais aussi la télétransmission des données, posent la question de la cybersécurité…
En effet, plus l’automatisation d’un process s’appuie sur le numérique, plus les cyberattaques constituent un risque. Et le domaine de l’eau peut se révéler particulièrement exposé. Les relevés de mesure issus de nos capteurs peuvent être transmis et hébergés sur des serveurs sécurisés et redondants, certifiés ISO 27001 et localisés en Allemagne. Les exploitants y accèdent via Internet en mode SaaS et peuvent ainsi se concentrer sereinement sur leur cœur de métier.










