Un réseau de stations-service à hydrogène se structure sur l’ensemble du territoire

Le conflit entre l’Ukraine et la Russie fait peser une menace sur la distribution de pétrole et de carburant en France, mais contribue également à la lutte contre le réchauffement climatique en nous obligeant, brutalement, à repenser notre dépendance aux énergies fossiles. Le développement de solutions alternatives est impératif. Mixé avec l’électricité, l’hydrogène renouvelable fait partie des solutions. Distry, filiale du groupe Samfi, développe la création d’un réseau de stations-service hydrogène dans toutes les régions.

Interview de
Nicolas Deriberolles,
directeur.

« Génératrice d’emplois, l’hydrogène est une solution qui permet la production d’une énergie renouvelable et décarbonée en France, distribuée et consommée en France. »

 Depuis 2016, H2V, autre filiale du groupe Samfi relève le défi de produire de l’hydrogène renouvelable pour remplacer le gris, décarboner l’industrie et la mobilité lourde, principaux émetteurs de CO2. Outre ses vertus environnementales, l’hydrogène renouvelable dégage zéro pollution lors de sa production comme lors de son utilisation, il apporte également un véritable intérêt pour gérer les longues distances, donnant aux véhicules hybrides, hydrogène et électrique davantage d’autonomie Pour développer cette solution alternative France,notre groupe a fait le choix de produire massivement pour optimiser les coûts de production et développer un réseau de stations-service permettant d’avitailler l’ensemble du territoire..

L’électricité représente un coût très important dans le processus de production d’hydrogène. Comment y remédier ? 

Effectivement le coût de l’électricité représente 60 % du coût de production de l’hydrogène, il est donc indispensable d’améliorer son rendement afin de proposer un carburant à zéro émission de CO2, d’origine renouvelable à prix compétitif. Les équipementiers et les bureaux d’études travaillent pour améliorer les technologies actuelles et gagner en performante. Le CEA par exemple (Commissariat à l’Énergie Atomique) réalise beaucoup de recherches sur le sujet et lance des spin-off, des nouvelles sociétés, dont les missions sont d’améliorer les technologies de fabrication.

Dans un contexte de pression sur l’importation des carburants, l’hydrogène peut-il répondre à l’échelle nationale ? 

En effet, l’intérêt de l’hydrogène, c’est aussi sa capacité à stocker de l’énergie sous forme gazeuse fabriquée sur le territoire national. L’énergie non consommée, qu’elle soit nucléaire ou hydrogène, peut ainsi être stockée sous forme d’hydrogène, en gaz, solide, liquide ou liquide organique et réinjectée. Le modèle économique de production massive avec distribution décentralisée est véritablement la solution la plus compétitive pour offrir un prix de l’hydrogène équivalent à celui du gazoil, autour de 6 à 7 € le kg.

Produire, stocker, distribuer. Qu’en est-il du transport de l’hydrogène ? 

La réglementation interdit aujourd’hui de transporter de l’hydrogène dans des camions circulant à l’hydrogène. Un comble. Mais il s’agit d’un principe de précaution, car l’hydrogène est un produit dangereux et inflammable. Ce principe de précaution est appliqué au même titre que celui qui était imposé aux véhicules roulant au Gaz Naturel (GNV) il y a dix ans. Ces réglementations vont forcément évoluer. Les constructeurs ont renforcé les systèmes de sécurité sur les véhicules. Notre problématique, c’est surtout la disponibilité sur le marché de véhicules à hydrogène. Certains taxis et camions commencent à arriver, mais il faut accélérer la fabrication.

Où en est votre projet de développement d’un réseau de stations-service hydrogène ? 

Chez Distry, nous avons 40 projets en cours de développement dans toute la France, principalement dans les zones logistiques ou industrielles, au plus près des flottes de camions, qu’il s’agisse de zones urbaines, périurbaines ou rurales. La première station verra le jour entre mi-2023 et fin 2023. En phase de développement, les études de faisabilité nécessitent 18 mois d’instruction et encore autant de temps de construction. D’ici 2028 notre objectif est de développer 200 stations au niveau national. Ces stations seront mixtes : hydrogène et électricité. Dimensionnées pour servir 2 tonnes d’hydrogène par jour, elles pourront alimenter l’équivalent de 100 camions quotidiennement. Cela contribue en partie au Plan Hydrogène voulu par le gouvernement qui prévoit la mise sur le marché de 20 000 à 50 000 véhicules utilitaires légers à l’hydrogène et 800 à 2 000 poids lourds à l’horizon 2028.

Plus d’info www.Distry.eu