En puisant dans le sol la source de chaleur, la géothermie permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre produites par les énergies fossiles.

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La géothermie souffle le chaud en hiver et le froid en été

 

Il y a dix ans, la filière géothermie réalisait jusqu’à 20.000 installations par an. Mais, la crise économique de 2009 a fait chuter le marché. L’Association Française des Professionnels de la Géothermie (AFPG), qui compte une centaine d’adhérents, dénombre aujourd’hui 2.500 à 3.000 installations par an. Si cette énergie renouvelable thermique apporte confort et économie d’énergie, la géothermie reste encore méconnue. L’AFPG porte une mission d’évangélisation et de communication autour du bien fondé de la géothermie.

 

Des investissements à long terme

« Certes, l’installation de systèmes de pompes à chaleur par géothermie nécessite des investissements lourds », observe Xavier Moch, chargé de projet à l’AFPG. « Mais c’est un cap à passer, il faut raisonner long terme. » En effet, pour le marché des particuliers, qui représente environ 20 % des opérations, l’installation géothermique pour alimenter le système de chauffage et d’eau chaude sanitaire doit être intégrée dans le coût du crédit à l’achat ou à la construction. « Alors cela ne coûte pas plus cher que de consommer de l’énergie fossile avec une facture tous les mois. Il faut raisonner en coût d’investissement et en performance du système de chauffage. Par ailleurs, la géothermie permet de s’affranchir des énergies fossiles pour ses besoins thermiques », poursuit Xavier Moch.

 

Efficace été comme hiver

Et le système est aussi efficace en hiver qu’en été. « En effet, il est possible d’utiliser son installation géothermique pour rafraîchir ou climatiser sa maison. En climatisation en diffusant l’air frais dans la maison via son plancher chauffant ou ses ventilos convecteurs. Ou en rafraîchissement via le géo cooling et le circuit d’eau dans le plancher chauffant, sans consommation électrique autre que les équipements intermédiaires », précise Xavier Moch. « Le Sud de la France, qui connaît de fortes températures en été, est concerné par le sujet. Mais on nous prédit des étés de plus en plus chaud, également dans le Nord de la France. Alors, les bâtiments neufs pourraient intégrer un tel système dès la conception, ce qui évitera les installations a posteriori qui pourraient détériorer l’isolation. »

 

Airbus Toulouse équipe 36.000 m2 de bâtiment

Certains industriels montrent l’exemple. Comme Airbus à Toulouse qui a installé un champ de 141 sondes à 205 mètres de profondeur sur les 5 hectares de son nouveau site. L’installation alimente en chauffage, en eau chaude et en rafraîchissement quelque 36.000 m2 de bâtiment : deux immeubles de bureaux de 12.000 et 19.500 m2 ainsi qu’un restaurant inter entreprise de 4.400 m2. L’opération a nécessité 4 M€ d’investissement et est opérationnel depuis avril 2016. « Airbus souhaitait aboutir à des économies d’énergie et des économies financières, mais a surtout cherché à être exemplaire », commente Xavier Moch. Ainsi l’équipement en géothermie pourvoit Airbus en énergie équivalente à 2 MWatt de chauffage et 1 MWatt de climatisation. Une démonstration par l’exemple qui pourrait aboutir sur de nouvelles installations dans les résidentiels collectifs, bâtiments tertiaires et publics.

 

Parole d’expert :

Bertrand Noble, Directeur R&D d’Arktéos

«  Les pompes à chaleur géothermiques s’inscrivent dans la notion d’autoconsommation que poursuivent les constructeurs de bâtiments performants. Avec un système stable de captage de l’énergie du sol et de distribution dans les logements ou les bâtiments tertiaires, les intérieurs bénéficient d’un confort régulé, hiver comme été. »