Il est urgent d’accélérer la préservation de la ressource en eau 

La revue des énergies renouvelables et des solutions alternatives.

Il est urgent d’accélérer la préservation de la ressource en eau 

Les deux années qui viennent de s’achever ont été marquées par des épisodes de sècheresse et de manques d’eau dans plusieurs territoires de l’hexagone. Des phénomènes qui ont engendré des restrictions, des interdictions et parfois des conflits. La préservation de la ressource est plus que jamais une priorité gouvernementale pour parvenir à un équilibre qui ne pénalise pas les activités économiques et humaines. Le Carrefour des Gestions Locales de l’Eau, organisé par IdealCo, insiste sur la préservation et le partage de la ressource ainsi que sur les technologies au service de la détection des fuites.   

« La préservation de la ressource est au cœur de nos préoccupations. Des actions sont à mettre en place pour préserver la quantité d’eau, et sa qualité, présente dans les cours d’eau et pour organiser le partage de la ressource », indique Christophe Jurado, directeur du pôle eau d’IdealCo, organisateur du Carrefour des Gestions Locales de l’Eau. Certains parlent désormais de solutions fondées sur la nature, de l’intelligence du bon sens au service du cycle de l’eau. « En effet, l’eau s’infiltre dans le sol, se traite… le sol absorbe l’eau afin de réduire le ruissellement et éviter les inondations. Les solutions se basant sur la nature seront à l’honneur lors de l’événement afin de permettre à chaque collectivité ou organisation de réfléchir à des solutions simples et peu coûteuses en amont des études de solutions technologiques », précise Christophe Jurado. L’aménagement urbain, les voieries, les zones de schémas directeurs doivent prendre en compte les solutions naturelles afin de gagner en efficience. Sur le salon, un nouvel espace de 430 m2, accueillant 18 partenaires, permettra de donner la parole à de nombreux intervenants pour une vision pédagogique et collaborative du sujet. « L’idée est de mettre en commun les connaissances pour une intelligence de la nature renforcée », poursuit-il. Parmi les intervenants : chercheurs, collectivités, associations de collectivités, institutions dédiées à l’environnement et à la biodiversité…  

 Détecter les fuites 

S’il y a un autre moyen de lutter pour la préservation de la ressource, c’est celui de la détection des fuites. En effet, un litre d’eau sur cinq n’arrive pas au robinet en raison de fuites sur le réseau. Le plan Eau voulu par le gouvernement, qui vise à réaliser 10 % d’économies d’eau, doit ainsi passer par la détection et la réparation des fuites propices au gaspillage de la ressource. Plusieurs collectivités ont déjà mis en place des systèmes qui ont prouvé leur efficacité. Comme la ville de Niort par exemple. « En 2005, Niort a subi une forte sècheresse », indique Célia Prieur, directrice commerciale d’IdealCo. « Depuis, le manque d’eau est une problématique récurrente et de plus en plus précoce chaque année. La ville s’est alors penchée sur des solutions qui permettent d’anticiper ces périodes de sécheresse et de limiter la tension sur la distribution aux industriels et aux particuliers. » Ainsi, 600 km de réseau d’eau potable sont gérés en régie. 13 000 m3 d’eau sont prélevés dans le milieu naturel, traités et distribués aux 75 000 habitants quotidiennement. « Les canalisations ont été remplacées en 2003, elles sont relativement neuves et bénéficient également de 19 appareils de mesures du débit en entrée et sortie afin d’identifier les fuites », poursuit Célia Prieur. Plus de 300 prélocalisateurs acoustiques ont été installés par l’entreprise Sewerin. « Grâce à un système de communication via interface web, ces appareils situés à des points stratégiques enregistrent le bruit du réseau », précise-t-elle. Si l’eau émet un son classique dans le réseau, les fuites, elles, possèdent une identification sonore différente, permettant de les détecter et de les localiser. Grâce à ce système, la ville de Niort est ainsi passée de 60 % de rendement à plus de 90 % ! Réduisant dans le même temps de 30 % son gaspillage d’eau dans le réseau, avant usage. Soutenu par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, auquel appartient le bassin hydrologique de Niort, le coût de 350 000 € de cette installation a été pris en charge à 80 %.   

Rennes, Paris, Amiens, robots et drones… 

Si la ville de Rennes atteint elle aussi 90 % de rendement grâce à la traque des fuites, Paris a installé 3 000 capteurs acoustiques dans son réseau, afin de gagner en rapidité de détection, se réduisant à seulement un à deux jours. Dans la métropole d’Amiens, une brigade canine intervient pour traquer les fuites d’eau, dont l’odeur de chlore éveille les narines des chiens. Mais la technologie n’est pas en reste. L’entreprise Acwa Robotics vient de lancer un robot détecteur de signes de corrosion dans les canalisations. Présenté au CES de Las Vegas, ce robot remplace l’intervention humaine là où justement elle est difficile. Tout comme les drones d’Hovering Solutions, qui évoluent sans signal radio, sans GPS, sans opérateur, sans lumière, dans des tunnels, égouts, mines et cheminées. Leur carte mémoire enregistre les éléments captés lors de leurs déplacements. Les images ainsi récupérées permettent ensuite de produire des maquettes 3D. Autant d’initiatives et d’innovations qui seront présentés lors du Carrefour des Gestions Locales de l’Eau.   

Deux conférences impactantes ! 

A l’ouverture, mercredi 31 janvier, deux conférences impactantes sont également au programme de cette 25e è édition du Carrefour des Gestions Locales de l’Eau. Avec Maxime Blondeau, enseignant à Sciences Po et auteur, initiateur du Printemps Écologique, suivi par quelques 100 000 abonnés sur Linkedin, propose des cartographies auxquelles il apporte de la pédagogie afin de présenter la complexité de la ressource en eau. Puis Charlène Descollonges, auteur de « L’eau, Fake or Not », engagée pour une hydrologie régénérative, répond à la désinformation autour de la question cruciale de l’eau.  

 

 

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