Le long chemin du biogaz avant son injection sur le réseau

La revue des énergies renouvelables et des solutions alternatives.

Le long chemin du biogaz avant son injection sur le réseau

Traitement et contrôle de qualité : des solutions éprouvées

Longtemps valorisé, grâce à la cogénération d’électricité et de chaleur, le biogaz issu de la méthanisation de matières organiques, est désormais transformable en biométhane. Ce « gaz renouvelable » peut être injecté dans un réseau de distribution ou de transport. Avant cela, il doit faire l’objet d’un traitement spécial pour atteindre une qualité similaire au gaz naturel…

 « La qualité du biométhane est analysée pour s’assurer qu’elle atteint les objectifs visés »

Le biogaz produit par la fermentation de matières organiques est majoritairement composé de méthane (environ 50 à 70 %), puis d’autres éléments comme le gaz carbonique (de 20 à 50 %), d’eau – qui peut être responsable de corrosion, d’engorgement des tuyauteries, de mauvaise combustion dans les moteurs… – et de gaz traces (oxygène, azote, hydrogène sulfuré, ammoniaque ou siloxanes). Pour permettre l’injection de biogaz dans le réseau de gaz naturel, sous forme de biométhane, ces éléments doivent être éliminés.

Un tel traitement peut mobiliser de nombreuses techniques éprouvées – désulfuration biologique, contre-lavage à l’eau de pression, réfrigération de la vapeur d’eau, technologie membranaire… Ces procédés permettent de produire du biométhane de bonne qualité. « Le traitement du biogaz se fait dans des skids réunissant tous les appareils nécessaires à l’élimination des polluants, Etienne Rappeneau, Directeur Adjoint de Réservoirs X-PAUCHARD. Après l’épuration, le biométhane peut être temporairement stocké dans des réservoirs sous pression, afin d’être injecté quand le gestionnaire du réseau le souhaite. »

Avant cette injection, la qualité du biométhane doit être analysée pour s’assurer qu’elle atteint les objectifs visés. « Aujourd’hui, l’analyse se fait directement sur la ligne de production, grâce à la chromatographie en phase gazeuse, explique Josselin Daydé, Directeur Commercial et Marketing chez APIX Analytics. Ce suivi en temps réel, avec des coûts d’investissement et opérationnels réduits, est une grande avancée, par rapport aux analyses de prélèvements en laboratoire qui prennent du temps, tout en coûtant entre 500 et 600 euros. Les appareils d’analyse en ligne contrôlent aussi les concentrations des odorants qui permettent la détection de fuites éventuelles de biométhane. »

Bien pensé, le biogaz n’a pas d’odeur

Outre les odeurs de fuite, s’il y en a une autre que l’exploitant d’un site de méthanisation cherche à éviter, c’est celle des émanations au niveau des matières stockées. « Quand il est bien réfléchi en phase d’études, un site biogaz ne présente pas de risques olfactifs particuliers, explique Vincent Rochas, Chargé d’Affaires chez Odournet France. Ensuite, en termes de suivi d’exploitation, des analyses olfactométriques et moléculaires de prélèvements d’air permettent de s’assurer que la situation reste sous contrôle. » Rappelons que les émissions potentielles de composés malodorants sur un site biogaz sont inférieures à celles observées avec des déchets de même nature, mais non méthanisés, car la méthanisation dégrade la matière organique, source potentielle d’odeurs…

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