Process industriels : quelles pistes pour valoriser la chaleur fatale ?

La revue des énergies renouvelables et des solutions alternatives.

Process industriels : quelles pistes pour valoriser la chaleur fatale ?

Shanghai : Enertime a fourni un module ORC de 3 MWe au premier aciériste chinois pour produire de l’électricité avec la chaleur issue de l’agglomération de minerai de fer

Gilles David,
Président d’Enertime 

 

 

 « L’ADEME estime le potentiel d’installation à 140 MW, en France »

Quels sont les secteurs d’activités pouvant envisager une valorisation de la chaleur fatale, par le biais de machines thermodynamiques ORC (Organic Rankine Cycle) ?

Les centres d’incinération de déchets, soumis à des directives européennes pour la mise en œuvre de mesures d’efficacité énergétique, y ont déjà recours. A côté de ces applications « historiques », on observe un essor récent dans le secteur industriel. Cette tendance est liée à une évolution réglementaire : depuis septembre 2019, les entreprises inscrites au registre des « quotas carbones » ont, elles aussi, accès aux CEE (Certificats d’Economies d’Energie). Les sites à fort potentiel sont ainsi nombreux : verrerie, four à arc, aciérie, station de compression de gaz, usine de noir de carbone… En France, l’ADEME estime le potentiel d’installation à 140 MWe, soit près de 70 installations, si on tient compte de la taille moyenne des modules ORC. Les projets développés grâce à l’accès récent aux CEE, pourront bénéficier des retours d’expérience sur des installations déjà en service à l’international.

Vous avez des exemples ?

Nous avons réalisé plusieurs projets d’ampleur. A Shanghai, nous avons récemment fourni un module de 3 MWe à Baosteel, le premier producteur d’acier chinois. Cette machine valorise la chaleur issue du process d’agglomération du minerai de fer. En Thaïlande, nous installons actuellement un module de 1,8 MWe pour Bangkok Glass qui valorisera l’énergie dissipée dans les fumées de son four à verre plat. Ces deux projets ont été réalisés par le biais d’ESCO (Energy service company) qui financent et exploitent les centrales ORC. A travers ces sociétés filiales, les deux groupes industriels ont pu externaliser l’investissement et restent concentrés sur leur cœur d’activité. Le modèle ESCO permet également d’avoir recours à des tiers investisseurs comme en Thaïlande. D’ailleurs, sur le marché français, nous travaillons avec des investisseurs pour proposer des solutions sur le modèle SaaS.

Avez-vous des références ORC, en France ?

Nous avons fourni une machine de 2 MWe sur l’incinérateur de Caen-Colombelles qui améliore l’efficacité énergétique du site et des machines à Saint-Fons et à Montpellier. En parallèle aux machines ORC, nous avons aussi développé des pompes à chaleur à forte puissance. Nous en avons installé une de 3,7 MWth pour Veolia sur le site de l’incinérateur du Mans. En service depuis 2019, cette pompe récupère la chaleur au niveau du condenseur d’une turbine pour la valoriser via un réseau de chaleur urbain. Les calories de récupération peuvent donc aussi bien servir à produire de l’électricité que de la chaleur.

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