TERRE SOLAIRE > Solarisation de toitures logistiques : quand la réglementation devient une opportunité.

Entre obligations réglementaires et opportunités économiques, le photovoltaïque s’affirme comme un levier stratégique pour les gestionnaires de bâtiments logistiques. Autoconsommation, vente d’électricité, responsabilité RSE : la filière a tout à gagner à franchir le pas, notamment à travers des solutions clé en main. Entretien avec Quentin Verbecke, Directeur d’activité Énergie du Groupe Lhotellier

Quentin VERBECKE Directeur d’Activité Énergie GROUPE LHOTELLIER
L’autoconsommation fait particulièrement sens pour les sites dotés de chambre froide.
Où en sont les dispositifs réglementaires concernant la solarisation des grands bâtiments logistiques, en France ?
En 2026, les seuils fixés par la loi Climat et Résilience, et renforcés par la loi APER, vont devenir plus ambitieux. Les premières sanctions vont également entrer en vigueur. Pour les bâtiments neufs et les rénovations lourdes, le taux minimal de couverture de la toiture avec un système de production d’énergies renouvelables – le photovoltaïque notamment – ou de végétalisation est de 30 % actuellement. À compter du 1er juillet, le seuil passera à 40 %, puis à 50 % au 1er juillet 2027. Cette obligation concerne les bâtiments dès 500 m² de surface. En cas de non-respect, le maître d’ouvrage s’expose à un refus de permis de construire. Pour les bâtiments existants, le décret tertiaire – concernant les sites de plus de 1 000 m² – intègre un enjeu d’image de l’entreprise, puisqu’un système de name & shame est mis en place, en parallèle des amendes administratives.
Au-delà des contraintes réglementaires, le solaire est-il un levier à saisir par les logisticiens ?
Absolument : le photovoltaïque peut leur permettre de maîtriser leur facture d’électricité grâce à l’autoconsommation, de générer un revenu complémentaire via la vente, mais aussi d’améliorer leur image RSE. Et cette production d’énergie verte est d’autant plus pertinente que les bâtiments logistiques offrent de grandes toitures en général peu encombrées par des équipements techniques. Si la couverture existante est dégradée, nous sommes en mesure de la déposer, voire de mener des opérations de désamiantage, pour installer une toiture compatible avec des panneaux photovoltaïques.
Vous évoquiez l’autoconsommation. En quoi peut-elle être pertinente dans le secteur logistique ?
Ce mode de valorisation fait particulièrement sens pour les bâtiments logistiques intégrant du stockage froid négatif ou tempéré, d’autant que la production photovoltaïque est maximisée en journée et en été, quand les besoins en froid sont importants. L’autoconsommation peut couvrir jusqu’à 35-40 % des besoins d’un tel site. Pour les logisticiens sans chambre froide, il est possible de recharger des véhicules ou des chariots élévateurs électriques. Nous avons également développé des projets en autoconsommation collective dans un rapport « gagnant-gagnant » : le producteur solaire vend son électricité à un meilleur prix que le tarif d’achat par EDF, tandis que ses voisins disposeront d’une énergie meilleur marché que celle du réseau, qui plus est indépendante des aléas géopolitiques. À noter que lorsque nous louons une toiture pour y installer une centrale photovoltaïque dédiée à de l’autoconsommation collective, le bailleur bénéficie d’un loyer bonifié.
Le photovoltaïque à grande échelle suppose de gérer des questions techniques et administratives parfois lourdes…
C’est pourquoi nous apportons aux logisticiens des solutions clé en main pour la pose de centrales photovoltaïques. Ils peuvent en être les propriétaires ou nous louer leur sur-toiture dans le cadre d’un bail emphytéotique d’une durée de 30 ans en général. Dans les deux cas, nous prenons en charge l’intégralité du projet : études techniques etfinancières, gestion des démarches administratives et juridiques – CEE, réponses à appels d’offres, CRE, PPE, certificats d’origine… –, installation, exploitation et maintenance de la centrale, etc. Le logisticien peut ainsi bénéficier des avantages d’une énergie renouvelable, tout en restant concentré sur son coeur d’activité.
Quentin VERBECKE
Comment évaluer la rentabilité d’un projet
photovoltaïque ?
Chez Terre Solaire, nous utilisons un outil financier :
le taux de rentabilité interne, qui évalue le taux de
rendement d’un investissement (comme le taux du
livret A), ce qui permet aux entreprises de comparer
l’intérêt de différents investissements de nature
différente. Sur les grandes toitures, le TRI est
d’environ 8%. Le temps de retour sur investissement
d’un projet est de 10 à 12 ans : en fonction de
l’orientation des panneaux et de l’ensoleillement.
Directeur d’Activité Énergie – GROUPE LHOTELLIER
Maison-mère de TERRE SOLAIRE









