AGC Glass Europ – Des verres de transition… vers le bâtiment bas carbone

Avec une empreinte carbone divisée par deux par rapport à un verre standard, le vitrage bas carbone s’impose comme un levier de la construction durable. Procédés industriels optimisés, recyclage, performances thermiques et innovations pour la rénovation : le point avec Hugues Lefèvre, directeur Europe Produit Bas Carbone chez AGC Glass Europe et Estela Dos Santos Fineo France
Hugues Lefèvre,directeur Europe Produit Bas Carbone AGC Glass Europe, | Estela dos Santos,Responsable des Ventes FINEO France |
Avec 4,8 kg CO2éq./m², l’empreinte carbone du verre est réduite de 50 % par rapport au verre standard
En lien avec la RE2020, observez-vous chez les prescripteurs une montée en puissance du vitrage bas carbone ?
Il convient tout d’abord de distinguer deux types d’émissions de carbone dans le bâtiment. La RE2020 cible en priorité le carbone « opérationnel », lié aux consommations énergétiques : chauffage, rafraîchissement, éclairage… Les prochains seuils porteront davantage sur le carbone « incorporé », associé à la fabrication des matériaux constructifs. Le verre bas carbone répond simultanément à ces deux enjeux. Sur ce marché spécifique, la France se situe aujourd’hui dans une position intermédiaire : derrière les pays d’Europe du Nord – Scandinavie, Allemagne, Pays-Bas… – qui ont largement adopté ces vitrages, mais elle devance les pays du Sud. Si la réglementation française est incitative, la demande reste encore mesurée. Mais la transition est engagée : de grands fabricants, comme K-Line, ont franchi le pas. De notre côté, nous sommes prêts à répondre à la demande avec une offre de verres présentant une empreinte carbone faible , tant d’un point du vue « opérationel » que « incorporé », et ce, produits à échelle industrielle.
Quel est le contenu en carbone incorporé du verre bas carbone par rapport à un verre classique ?
Nous avons établi une nouvelle référence avec une empreinte carbone de 4,8 kg CO2éq./m² pour un verre de 4 mm d’épaisseur, contre une moyenne européenne de 10,3 kg CO2éq./m², calculée d’après les FDES de verres standard des différents producteurs. La réduction dépasse donc 50 %, sans aucun compromis sur les performances. Le verre bas carbone conserve les mêmes qualités en matière d’esthétique, de contrôle solaire, d’isolation acoustique, de protection incendie et de possibilité de feuilletage.
Comment de telles faibles émissions ont-elles été rendues possibles ?
Ce résultat repose sur une approche globale du processus de fabrication. Nous sélectionnons des matières premières peu émissives et privilégions un approvisionnement local, notamment par transport fluvial. Nos fours de grande capacité – au min. 200 000 t/an – associent haut rendement énergétique et électrification accrue du process de fusion. Nous incorporons jusqu’à 70 % de calcin – le verre recyclé – en entrée de four, soit 60 % de matière recyclée dans le verre livré. En 2025, nous avons recyclé 175 000 t de verre et visons 200 000 t cette année. Nous utilisons également des énergies décarbonées – éolien, photovoltaïque, récupération de chaleur fatale – et optimisons nos flux logistiques, de la production jusqu’à la livraison. Cette démarche de décarbonation peut aussi bénéficier à d’autres marchés, comme l’automobile, l’industrie – dont celle des panneaux solaires – ou l’électroménager.
La conception bas carbone invite à repenser les conforts d’hiver et d’été tout en préservant les apports de lumière naturelle. Que peut apporter le vitrage ?
Nous proposons des verres bas carbone à couche offrant une excellente sélectivité entre protection solaire et lumière naturelle, avec une transmission lumineuse pouvant atteindre 89 %.
Nous développons également un vitrage isolant sous vide qui atteint les performances thermiques d’un triple vitrage. Le FINEO est une innovation technologique qui repose sur un vitrage où les deux feuilles de verre enserrent une couche de vide de 0,1mm de vide en lieu et place du gaz argon traditionnel. Le FINEO a une épaisseur de 7,7 mm, et affiche un coefficient de transmission thermique U de 0,7 W/m²K, soit l’équivalent d’un triple vitrage de 44 mm. Le FINEO est garantie 20 ans avec une durée de vie excédant les 60 ans. Sa finesse constitue un atout majeur en rénovation énergétique : elle permet de conserver les châssis existants, avec un triple bénéfice : économique, environnemental et patrimonial, notamment pour les monuments et bâtiments historiques.

Hugues Lefèvre,
Estela dos Santos









