Girasole Energies – Tiers-financement : solariser ses biens immobiliers sans mobiliser sa trésorerie

Loi APER, Décret Tertiaire, volatilité des prix de l’énergie : grâce au tiers-financement, le photovoltaïque présente de solides atouts pour accompagner les propriétaires immobiliers sous pression réglementaire et financière. Une transition énergétique qui s’appuie sur une filière à fort ancrage local, comme le rappelle Pierre-Marie Berlingeri, directeur général de Girasole Energies.
Pierre-Marie Berlingeri,Directeur général de Girasole Energies |
Nous avançons les fonds pour construire, exploiter et maintenir la centrale photovoltaïque
Comment la réglementation énergétique – Loi APER, Décret Tertiaire… – est-elle perçue par les propriétaires immobiliers concernés ?
En premier lieu, ces acteurs voient dans ces dispositions un cadre contraignant, et perçoivent la solarisation comme un grand saut dans l’inconnu. Notre rôle de producteur indépendant d’énergie est de les accompagner en leur présentant des solutions techniques qui sont à la fois des leviers de mise en conformité réglementaire et de valorisation économique de leurs biens. Parmi leurs préoccupations, le sujet de l’investissement de départ revient souvent. Pourtant, ce frein peut être levé grâce au tiers-financement, qui évite au maître d’ouvrage de mobiliser sa trésorerie à hauteur de centaines de milliers, voire de millions d’euros. Dans le cadre d’un projet d’injection sur le réseau, un bail de plusieurs décennies est établi entre le propriétaire et le producteur d’énergie : ce dernier avance les fonds pour construire, exploiter et maintenir la centrale photovoltaïque, tandis que le propriétaire perçoit un loyer. Cela dit, les projets tendent actuellement à se développer autour de l’autoconsommation, toujours via le tiers-financement.
Comment s’arbitre le choix entre injection sur le réseau et autoconsommation ?
Les modèles économiques évoluent. Les appels d’offres pilotés par la Commission de régulation de l’énergie voient leur volume décroître, avec des tarifs d’achat en baisse – au point qu’un investissement du propriétaire peut s’avérer nécessaire. De son côté, l’autoconsommation est de plus en plus attractive : elle permet à un propriétaire de couvrir une part significative de ses besoins grâce à des électrons verts, renouvelables et locaux, disponibles à un prix compétitif et stable. Un avantage majeur pour réduire son exposition à la volatilité des prix du marché de l’électricité.
Quel est le gisement français de surfaces pouvant être solarisées ?
La priorité est de valoriser des espaces déjà anthropisés. Nos équipes prospectent et qualifient ces surfaces en intégrant diverses contraintes : règles d’urbanisme, ensoleillement, ombrage, raccordement au réseau… Le potentiel français de solarisation est estimé à 40 GWc, dont 4 GWc pour les ombrières de parking – soit près de 80 % du volume total de photovoltaïque installé en France sur l’année 2025. Le solaire a donc un rôle majeur à jouer, d’autant que son déploiement peut être rapide, face à des besoins en électricité qui vont exploser dans les années à venir, sous l’effet de l’IA, de la réindustrialisation et de la mobilité électrique. Sur ce dernier point, nous proposons naturellement des solutions autour du déploiement des bornes de recharge.
Comment intégrez-vous l’intermittence du solaire, une filière que certains considèrent par ailleurs comme bénéficiant avant tout aux fabricants asiatiques ?
Sur l’intermittence, des solutions de stockage permettent d’optimiser l’autoconsommation en fonction des besoins. Ces solutions – tout comme les parcs de batteries autonomes – permettent également de capter l’électricité lorsque le réseau est peu sollicité et de la restituer lors des pics de demande. Le stockage contribue ainsi à la flexibilité du réseau. Au sujet de la chaîne de valeur, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans les projets que nous développons – nous exploitons aujourd’hui 550 centrales totalisant 150 MWc, avec plus de 300 MWc en devenir –, les panneaux et les onduleurs de fabrication asiatique représentent 20 % du coût global. Les 80 % restants rémunèrent des maçons, des bureaux d’études, des architectes, des charpentiers et des installateurs français. Le solaire est donc une énergie à la fois renouvelable et à fort ancrage local.
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