AER – De la dette technique à la mise en conformité : le chemin d’une GTB rénovée

Réduire la « dette technique » d’une GTB existante, se conformer aux décrets Tertiaire et BACS : comment faire évoluer ses installations grâce à une approche sur mesure, multimarque et responsable. Entretien avec Yann Le Thomas, directeur Marketing & Innovation chez AER.
Permettre aux propriétaires de se réapproprier leur GTB, via une application dédiée et la formation.
Yann Le Thomas,
directeur Marketing & Innovation
AER
Quels sont les enjeux à prendre en compte lors de la rénovation d’une GTB ?
Pour un intégrateur GTB, faire évoluer une installation existante implique souvent de composer avec une « dette technique », liée à des équipements de différentes générations, des solutions issues de fabricants variés, des protocoles hétérogènes, etc. À travers notre positionnement multimarque, notre philosophie est de nous adapter à chaque situation, en trouvant le meilleur rapport technico-économique, sans forcément tout changer. Un audit de l’installation GTB permet de définir des leviers d’optimisation pour générer des économies et se mettre en conformité avec la réglementation.
À ce titre, comment votre approche permet-elle aux foncières et aux exploitants d’assurer la conformité légale de leurs bâtiments ?
Véritable bras armé du décret Tertiaire, le décret BACS impose l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle des installations CVC dans les bâtiments tertiaires dépassant certains seuils de puissance. Ces systèmes doivent notamment assurer le suivi de l’efficacité énergétique du bâtiment avec une réduction progressive des consommations de 40, 50 puis 60 % d’ici 2050. Au regard de ces seuils, tout l’enjeu est de garantir l’évolutivité de la GTB. Aujourd’hui, des prestataires proposent des « GTB light » sans fil pour se mettre en conformité avec le décret BACS, mais comment ces solutions évolueront-elles et quelles en seront les modalités de maintenance dans quelques années ? Quoi qu’il en soit, pour accompagner les propriétaires dans leurs démarches, nous avons développé une application web dédiée, ConformBACS.
En quoi consiste-t-elle ?
Cet outil destiné aux propriétaires, mais aussi aux exploitants et aux intégrateurs, permet d’inventorier, d’inspecter et d’auditer les systèmes GTB selon la norme ISO 52120-1. L’application guide l’utilisateur via une méthodologie intuitive et une assistance IA avec chatbot et reconnaissance d’images. Elle génère des rapports automatisés, assortis de préconisations de travaux. Dans un esprit de réappropriation de la GTB par les personnels qui l’utilisent, nous proposons des formations qui combinent modules en distanciel et en présentiel. Cette étape reste incontournable pour garantir à la fois un usage optimal de la GTB, la sobriété énergétique et les gains financiers qui en découlent.
En matière de maintenance, on observe une nouvelle tendance avec des gestionnaires de bâtiments qui se tournent vers des spécialistes de la GTB, et non plus vers leur exploitant de maintenance multitechnique. Pourquoi cela ?
Sous l’effet des nouvelles réglementations, la GTB devient un sujet stratégique. C’est pourquoi les propriétaires sont de plus en plus nombreux à en confier la maintenance au « faiseur », à travers des contrats dimensionnés selon la criticité de l’installation. Outre un gain sur le plan du savoir-faire, cette option est plus économique, tout en offrant une plus-value en matière de réactivité et de relation client.
Vous mettez en avant votre ancrage en Auvergne-Rhône-Alpes. En quoi votre démarche RSE résonne-t-elle avec les ambitions environnementales de vos clients ?
Nos projets sont inscrits dans un rayon de deux heures autour de l’atelier où nous produisons les armoires et coffrages GTB que nous installons. Au-delà d’une logique de circuits courts, cela offre une bonne qualité de vie au travail à nos collaborateurs, un gage de fidélisation des équipes et de préservation de nos savoir-faire. Plus globalement, notre engagement RSE fait l’objet d’une évaluation annuelle par EcoVadis et nous avons obtenu la médaille d’argent en avril dernier.















