Les bailleurs sociaux au cœur de la transition énergétique et numérique

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Les bailleurs sociaux au cœur de la transition énergétique et numérique

” Relever le défi de la neutralité carbone d’ici 2050 nécessite de conforter les actions des Organismes Hlm dans la lutte contre le changement climatique, d’impulser une approche plus globale orientée bas-carbone et de développer le digital au service de la performance carbone du parc. “

Les organismes Hlm sont historiquement des acteurs de la construction neuve et de la réhabilitation du parc existant. Ils préfigurent les bâtiments de demain et l’ont encore démontré ces dernières années en participant fortement à la dynamique qu’est l’expérimentation Énergie positive et réduction Carbone (E+C-) lancée par l’État et le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique fin 2016.

Quant au parc existant, son amélioration énergétique est une préoccupation de longue date. Les organismes Hlm ont démontré leur savoir-faire et leur engagement en la matière, puisqu’aujourd’hui, 80% du parc des organismes Hlm présente une performance énergétique de niveau D ou supérieure.

La dynamique générale vise à faire sortir du parc existant les logements les plus énergivores. A raison de 120 000 rénovations énergétiques annuelles, les organismes Hlm font disparaître les logements énergivores de leur parc. Cependant ils ont conscience qu’il s’agit d’une première étape dans la stratégie carbone 2050 qui préconise que 100% des bâtiments construits avant 2000 bénéficient d’une rénovation de leur enveloppe d’ici 2050.

Pour rappel le secteur du bâtiment est le deuxième poste d’émission de CO2 en France. Si le secteur du logement social est en avance de phase par rapport au secteur du logement privé, le rythme et la performance des constructions et des réhabilitations sont chalengés au quotidien pour se mettre sur la trajectoire et atteindre l’objectif de neutralité carbone à horizon 2050.

Dans cette dynamique l’Union sociale pour l’habitat a créé le 15 septembre dernier, en association avec l’IFPEB et Carbone 4, une école dédiée à la maîtrise d’ouvrage bas-carbone en cohérence avec son rôle de conseil, d’assistance et de développement des compétences des organismes Hlm et associations régionales Hlm. Cette école a pour ambition d’aider les organismes Hlm à appréhender les enjeux carbone de leurs opérations de construction et de réhabilitation, et à élaborer leurs stratégies d’éco-conception et d’évaluation à l’aune de la prochaine Réglementation Environnementale 2020.

Les travaux menés sur la production neuve avec l’analyse de l’impact carbone sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment conduisent à une véritable transformation de l’acte de construire et d’exploiter les bâtiments. L’approche est à conforter pour la production neuve et à transposer au parc existant. Mais atteindre un niveau de performance environnementale exemplaire sur le parc existant questionne aussi la bonne adéquation du parc aux besoins des occupants et des gestionnaires Hlm. Les organismes Hlm intègrent systématiquement des réflexions sur l’amélioration de la qualité de vie et recherchent l’indispensable équilibre économique, social et environnemental.

Le numérique est également identifié comme un vecteur susceptible d’œuvrer comme outil facilitateur de la sobriété carbone. Il permet de faire des habitants des acteurs de la transition énergétique via leurs éco-comportements et renforce leur capacité à maitriser leur demande en énergie, par la bonne utilisation des équipements installés et une bonne prise en main de leur logement pour garantir un usage sobre dans leur logement neuf comme existant.

Dès janvier 2019 l’Union sociale pour l’habitat a lancé au côté de la société Urban Practices un projet de référence en France « Smart Eco Réno » qui introduit dans le logement/bâtiment existant une architecture numérique mutualisée, interopérable, conforme au nouveau label Ready2Services (R2S) et un pilotage dynamique de la gestion énergétique associée à de l’Intelligence Artificielle. Le projet fédère 5 bailleurs sociaux : Grand Dijon Habitat, le chef de file, Batigère en Ile-de-France, le groupe 3F, Alpes Isère Habitat et Cristal Habitat.

Si la réflexion sur des bâtiments connectés est importante pour définir le chemin vers la neutralité carbone, le numérique doit rester au service de la performance carbone et questionner systématiquement les charges énergétiques supportées in fine par les ménages Hlm. Gardons à l’esprit que le taux de ménages Hlm sous le seuil de pauvreté (1 026 € par mois et par UC en 2016) est de 34% dans le parc social. La question des charges supportées est donc un enjeu central de toutes les actions qui mènent vers la neutralité carbone.

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