Une mobilité intelligente, en phase avec les attentes socio-environnementales

Interview auprès de Mr Guillaume Farny, délégué Général, ATEC ITS France

Décloisonner l’offre de transport, d’un mode à l’autre et d’un territoire à l’autre

On connaissait les transports de masse, voici le concept de MaaS : Mobility as a Service. Derrière cette appellation, se cachent notamment les solutions technologiques pour une mobilité intelligente. Si le sujet n’est pas nouveau pour les acteurs des transports – rompus aux innovations technologiques –, la montée en puissance des objets connectés vient apporter une corde supplémentaire à leur arc…

« Quand on parle de solutions innovantes en matière de mobilité, il convient, tout d’abord, de rappeler que celles-ci ne sont pas la solution miracle à tous les problèmes de transport, souligne Guillaume Farny, Délégué Général d’ATEC ITS France, association regroupant 330 professionnels de la mobilité. En effet, la mobilité est générée par des usagers au sein de territoires en fonction de leurs activités . Agir pour des déplacements efficaces, c’est avant tout agir sur les besoins de mobilité du quotidien (domicile-travail en grande partie). Les solutions intelligentes ont un rôle essentiel à jouer pour la création de services permettant de décloisonner l’offre de transport, d’un mode à l’autre et d’un territoire à l’autre. Ces services permettent également d’effectuer la jointure entre usagers et infrastructures de transport. Une mobilité est ainsi intelligente quand elle s’adapte et répond aux besoins d’un usager dans un territoire. »

Harmonisation des technologies

Des exemples de services pour une mobilité plus intelligente ? Il en va du concept de Maas comme de beaucoup d’innovations : les plus efficaces ne sont pas toujours les plus visibles. Par exemple, la billettique – qui regroupe les titres de transport et les moyens de paiement – a connu des avancées importantes pour favoriser la continuité entre modes de transport au sein d’un territoire donné. Cette harmonisation concerne aussi les protocoles de paiement, de validation et de contrôle.

Autre exemple : au volant d’un véhicule connecté, le conducteur peut recevoir des informations personnalisées, en fonction de sa localisation et des conditions de circulation. Cela peut être l’emplacement du parc-relais le plus proche ou la formation d’embouteillages. Les capteurs, reposant notamment sur les technolgies radar (ex/LiDAR) ouvrent de nouvelles perspectives pour détecter les ralentissements, en analysant les écarts de distance entre les véhicules.

De nouveaux services concernent aussi la sécurité, comme le système eCall. Désormais installé sur les véhicules neufs vendus dans l’Union européenne, celui-ci compose automatiquement le numéro du réseau d’intervention d’urgence le plus proche, si le véhicule est impliqué dans un accident grave. « Le dispositif eCall est un cas d’école intéressant pour illustrer le travail partenarial entre industriels, à l’échelle internationale, évoque Guillaume Farny. Dans un contexte où les éléments connectés sont toujours plus nombreux, l’harmonisation est le maître-mot pour que les canaux de communication et les services apportés soient interopérables et répondent à un même niveau de sécurité. C’est ce travail que des acteurs comme le Syndicat des équipements de la route (SER) travaille mène, notamment pour la signalisation horizontale. La qualité du marquage au sol, au même titre que les capteurs implantés dans la chaussée jouent un rôle dans l’automatisation des véhicules. »

Mobilité pour tous et développement durable

Enfin, une mobilité intelligente digne de ce nom ne saurait éluder les questions d’énergie et d’émissions de CO2. « Les aspirations des citoyens à une mobilité accessible à tous sont toujours plus fortes, mais la décarbonisation des transports constitue désormais une attente toute aussi importante, observe Guillaume Farny. A ce titre, chaque innovation dans le domaine de la mobilité est aujourd’hui passée au tamis du développement durable. »

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