ARTIS BIO 100 > Approvisionnement et décarbonation : les atouts du B100 en alternative au gazole.

Dans un contexte de décarbonation du transport, le B100 – issu de la culture du colza – s’impose comme une solution de substitution immédiate au gazole fossile pour les poids lourds. Entre compatibilité technique, logistique d’approvisionnement et incitations fiscales, tour d’horizon des enjeux de ce biocarburant avec Hippolyte Tuison, directeur commercial chez Artis BIO 100.

Hippolyte TUISON Directeur commercial
Un biocarburant qui offre une véritable alternative face à la volatilité des énergies fossiles.
Quels sont les points de vigilance techniques à prendre en compte en optant pour le B100, l’alternative 100 % végétale au gazole ?
La démarche débute généralement par une évaluation de la compatibilité des moteurs de la flotte. Un rétrofit est nécessaire s’il ne s’agit pas d’un camion sortie d’usine en mode « exclusif ». Cette première étape franchie, le critère majeur réside dans la qualité de ce biocarburant issu de la culture du colza, comme sa teneur en eau par exemple. Certains constructeurs de poids lourds attribuent ainsi des certifications attestant des bonnes performances des B100 disponibles sur le marché. Cette reconnaissance dite « qualité excellence », que nous avons obtenue, permet d’orienter les choix des professionnels dans le cadre d’un changement d’énergie.
Qu’en est-il de l’approvisionnement ?
Dans la mesure où le B100 n’est pas disponible dans les stations-service accessibles au public, il est important d’intégrer la question du stockage. Pour les transports sur longue distance, il convient d’adapter les tournées en fonction des points d’avitaillement. Actuellement implantés à Dunkerque, nous envisageons de compléter le maillage de nos points de distribution avec l’ouverture, d’ici fin 2027, de deux nouveaux EFPE (entrepôts fiscaux de produits énergétiques) dans le centre et le sud de la France. Disponible en circuit de proximité, le B100 soutient également les filières agricoles locales et offre une réelle stabilité d’approvisionnement par rapport au carburants fossiles.
Quels sont les retours d’expérience des transporteurs roulant au B100 ?
Par rapport au gazole, les exploitants observent une légère surconsommation, de l’ordre de 3 à 4 %. À noter qu’avec un B100 de moindre qualité, cela peut atteindre le double. La première maintenance se fait à 75.000 km chez certains constructeurs, contre 100.000 km avec du gazole classique. Sur le plan de la conduite, cela ne change rien à l’usage, et le B100 est opérationnel à des températures allant jusqu’à -20°C. En termes financiers, la fiscalité du gazole rend le B100 attractif : certains de nos clients gagnent en rentabilité en passant sur cette énergie. Les changements les plus frappants concernent la réduction des émissions de CO2 équivalent à minima à 60 %. Selon le mode d’exploitation du colza, ce taux peut même atteindre les 80 %. En 2025, la réduction de CO2 de nos livraisons moyennes est de 70,54 %. Après chaque livraison, l’entreprise dispose d’un rapport faisant état des économies d’émissions de CO2 générées. Ces données peuvent être compilées pour éditer des certificats dans le cadre de ses démarches RSE.

Le B100 peut-il aujourd’hui s’inscrire dans le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) ?
Absolument. Le transporteur souhaitant décarboner sa flotte peut bénéficier d’une prime allant de 1180 à 1350 € pour l’achat d’un véhicule optimisé. Pour lui faciliter la tâche, nous prenons en charge toute la démarche administrative. Il nous envoie son bon de commande, puis sa facture, et nous nous occupons du reste. Il est également possible de financer une partie de la formation à l’écoconduite de ses chauffeurs ou encore d’équiper ses véhicules en télématique embarquée pour monitorer précisément la consommation de carburant. Et là aussi, les gains financiers et environnementaux sont significatifs.









