Déchets verts : un gisement de 3 millions de tonnes à valoriser chaque année

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Déchets verts : un gisement de 3 millions de tonnes à valoriser chaque année

Une production de chaleur qui n’entre pas en concurrence avec un usage antérieur

Dans un contexte où le prix du gaz reste relativement bas, les déchets verts constituent une piste intéressante pour optimiser la compétitivité de la plaquette forestière. « Pour l’heure, ces déchets sont peu mobilisés dans le cadre d’une valorisation énergétique, observe Alice Fautrad, du service Bioressources de l’ADEME. Cela tient à leur hétérogénéité saisonnière et à la nécessité d’en séparer les fractions ligneuse et fermentescible. La première est celle qui peut être brûlée. La seconde est traitée par compostage, soit le débouché habituel des déchets verts. A ce titre, une production de chaleur à partir de ces ressources est d’autant plus intéressante qu’elle n’entre pas en concurrence avec un usage antérieur. Autre avantage, les filières de collecte existent déjà. »

Une réponse à coût réduit à la loi de transition énergétique

Et le gisement de cette biomasse est conséquent, comme le souligne Matthieu Campargue, Directeur de RAGT Energie, participant à VALOCHIPS programmes financés par l’ADEME qui visent à améliorer la valorisation énergétique des déchets verts ligneux. « La consommation nationale de plaquettes forestières est actuellement de 12 millions de tonnes/an. Or, la fraction ligneuse des déchets verts disponibles est estimée à 3 millions de tonnes/an. Cette fraction ligneuse est intéressante pour la formulation d’agropellets, constituant eux-mêmes une belle opportunité pour les installations industrielles et les réseaux de chaleur. De quoi apporter une réponse à coût réduit à la loi de transition énergétique. »

Une norme en 2019 ?

Concrètement, les procédés de séparation des fractions ligneuse et fermentescible sont maîtrisés. Il s’agit désormais d’en affiner les détails pour améliorer la qualité des combustibles. C’est ce à quoi s’attache le projet VALOCHIPS, lancé en septembre 2017 pour une durée de 30 mois. « Dans les grandes lignes, l’objectif est d’affiner la phase de fermentation des déchets verts avant séparation des fractions, explique Matthieu Campargue. Nous avons ainsi mis en place une campagne d’étude avec une vingtaine de producteurs pour développer un procédé de prétraitement des déchets. Les résultats sont au rendez-vous : les échantillons présentent un taux moyen de cendres de 3 %. Une norme ISO portant sur les plaquettes issues de la fraction ligneuse des déchets verts – ce serait la 17 225-9 – pourrait voir le jour dès 2019. »

Sources : Ademe, RAGT Energie

www.valeurenergie.com/bois-energie